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lundi 14 avril 2008

Varanasi : course d’orientation au Golden Temple



Un bus nous emmène de Khajuraho à Satna. C’est l’occasion de rencontrer Iman, un Iranien qui voyage avec deux compatriotes. Longue discussion typique de voyageurs : pourquoi la route et ce qu’elle vous apporte ? Iman nous explique un point de vue intéressant : c’est l’occasion pour lui de mieux connaître des représentants de cultures qui lui sont complètement étrangères, voire ennemies et de réviser ses préjugés. Ou comment voyager en Inde peut rapprocher Iraniens et Israéliens. Notre nouvel ami est aussi très impressionné de nous voir voyager avec Malik et se révélera un compagnon « plus que serviable ».

L’arrivée en gare de Satna nous réserve une surprise qui n’en est pas une : le train est en retard. Iman et ses amis nous récupèrent sur le quai et nous indiquent une first class waiting room qui hume bon le pipi. Farida se trouve une nouvelle correspondante qui partage les mêmes goûts artistiques. Le petit groupe se sépare au moment où le train est annoncé sur le quai numéro 2. Un train arrive. Pas le nôtre. Nouvelle annonce pour le quai numéro 3, cette fois. On se déplace et on attend. Un train arrive au quai 2. Les gens embarquent. Soudain surgit Iman, complètement stressé, venu s’assurer que nous montions dans ce train. Notre train est toujours indiqué au quai 3 mais pendant que Iman s’agite, les haut-parleurs rectifient l’erreur. Paniqué, Iman croit bien faire en sortant Malik de sa poussette pour nous pousser dans le premier wagon sans se rendre compte qu’avec nos énormes sacs, il nous est impossible de nous déplacer dans les couloirs étroits. Il nous lance alors dans une course effrénée du wagon de queue à celui de tête, Pierre poussant un buggy vide et Farida chargée de son sac, 20 kg, et de Malik, 15 kg. Le sac de fruit tombe par terre provoquant la panique de Malik et nous freinant dans notre course. Nous arrivons exténués à notre second class AC (le grand luxe pour les connaisseurs !) et nous nous écroulons sur notre couchette. Le reste du voyage sera du pur confort.

Arrivés à Varanasi nous optons pour une guesthouse recommandée par Frank, le Danois de Khajuraho qui avait confié une mission à Pierre : ramener la clé de sa chambre qui était restée dans sa poche. Cette pension est tenue exclusivement par de jeunes hommes dont la plupart possède le QI d’une limace dont le cerveau aurait été grillé par un abus de substances qui fait dire : « Hey man ! » à tout être masculin entrant dans son champ de vision. D’ailleurs, il s’échappe régulièrement des chambres, des odeurs qui prouvent bien la recherche spirituelle qui anime les jeunes en visite à Varanasi. Cette équipe de gaillards est peu pressée au service mais déploie une énergie hors du commun à exciter Malik chaque fois nous venons de le calmer. Sinon, ils sont sympas.

Ca y est : nous sommes installés ! La spirituelle Varanasi nous tend les bras. La ville est comme un bon film dont tout le monde parle : « Faut qu’tu restes au moins une semaine pour comprendre le truc ! », « C’est trop powerfull ! », « Trop plein de cows ! »… Bref, semblerait qu’il n’y a pas de mots assez forts en français pour décrire cette magie. Trop de bonne pub tue la pub !

Varanasi magnifique : ses ghats, son marché, ses temples, son Ganges, ses balades en bateau, ses sadhus, ses petites ruelles, ses bûchers, ses coupures d’électricité, ses singes et ses vaches (ah oui, c’est comme ça qu’on dit), ses cyclopousses, ses cérémonies et sa mixité religieuse. C’est vrai, la ville dégage une sacrée énergie ressentie nulle part ailleurs.

Et maintenant Varanasi détestable : on ne se refait pas, la religion, côté humain, c’est pas notre truc ! Une visite impromptue au Golden Temple nous servira de leçon. En nous promenant dans le marché, nous arrivons devant une des entrées surgardées du fameux Golden Temple. A un militaire : « Pouvons-nous entrer ? », « Bien sûr, pourquoi pas ? » Commence la mésaventure. A l’entrée, un vendeur glisse à Pierre : « Si on vous demande, dîtes que vous êtes hindous. » ; nous passons devant un mirador et une dizaine de militaires armés. Les brahmanes qui nous servent de guides imposés nous expliquent que le temple se protège des attentats islamistes puisque nous nous trouvons aussi sur une terre sacrée pour les musulmans. Nous sommes entraînés à toute vitesse dans une sorte de course d’orientation où chaque poste est tenu par un brahmane qui, au lieu des énigmes, nous fait réciter des prières, moyennant de coquettes sommes d’argent. Arrivés devant le saint du saint, on essaie de nous faire signer un registre pour lequel il faut montrer nos passeports à d’autres militaires armés. Une plaque derrière nous indique clairement cette fois que le lieu est interdit aux non hindous. Même s’il sait pertinemment que c’est pur mensonge, un des guides répète à Pierre qu’il doit déclarer être hindou. C’en est trop ! Nous exigeons de rebrousser chemin. Ce qui est fait, non sans passer par deux nouvelles étapes payantes ! Le fou rire nous guette lorsqu’on demande à Farida de donner son nom et celui de Malik pour la prière et que devant un tel déploiement anti-musulman, elle s’annonce comme Fafi et Michel. Ecoeurés, nous nous précipitons vers la sortie. Farida hyperventile, Malik est assommé, tandis que Pierre se demande encore comment on a pu lui tirer autant de fric ! Subitement, c’est toute la ville qui semble étouffante : de l’air !

Le lendemain, ça va mieux. Une jolie balade sur les ghats nous réconcilie avec la douce atmosphère du Ganges.

lundi 7 avril 2008

Khajuraho : leçon de gymnastique (Interdit au moins de 18 ans !!!)





Trajet de luxe. Cette fois, nous choisissons le taxi pour rejoindre Khajuraho. Voyage très agréable en compagnie d’un couple canadien.

Khajuraho est une étape très touristique sur notre trajet vers Varanasi. Pizzerias et restos chinois tiennent le haut du menu. On se croirait presque sur la Costa Brava… Pas un mètre sans être accostés par un rabatteur pour de la fausse soie, des tenues babzouilles, des statuettes de Gandhi ou des reproductions des « gymnastes » du temple.

Indiens et Occidentaux viennent jeter un œil coquin aux statues contorsionnistes du lieu. Vous l’aurez deviné, l’attraction de Khajuraho, ce sont ses temples érotiques (attention pour ceux qui ont l’habitude de regarder nos photos avec leurs enfants, quelques poses de cette série sont sans équivoque). Pragmatiques, nos attaquons notre visite en expliquant à Malik que les jeunes femmes aux poses lascives font de la danse et que les couples trio-quatuor… enlacés sont en pleine séance de… gymnastique.

Pierre et Frank, un moniteur d’auto-école danois rencontré à l’hôtel, se lancent, livret de cartes postales à la main, en quête des reliefs les plus réputés, en particulier celui de la jument ! La pêche est bonne, le regard des guides amusé.

Après Frank, enthousiaste, sympathique, intéressé à tout et super « children friendly », Malik nous présente Stéphane : un Breton quarantenaire. Déjà le premier jour, Stéphane nous ramène Malik en nous faisant comprendre que le petit parle bien, mais que bon, là, ça suffit ! Après cette première rencontre distante, nous entrons, dès le deuxième jour, dans son intimité. Stéphane déambule depuis plus d’une semaine dans les couloirs de l’hôtel en traînant la patte à cause d’une sciatique. Son stock d’opium arrivant au bout, son humeur stagne au ras du sol, sans compter que cela fait au moins quatre mois qu’il n’a pas touché une femme – femme qui, soit dit en passant, sont toutes des emmerdeuses, n’est-ce pas ? Stéphane voyage depuis déjà si longtemps qu’il connaît tout sur tout et aime à le répéter, vautré dans son fauteuil, d’un air blasé. Il a l’anglais petit-nègre et le hindi trisomique. Mais bon… il essaie. Des projets plein la tête et des regrets plein le cœur, Stéphane nous invite à lire Poolan Devi comme s’il nous offrait la culture indienne sur un plateau. Manque de pot, on l’a déjà lu il y a plus de quinze ans… Ca y est, on a gagné son respect.

La bonne nouvelle de la semaine : Farida a trouvé un travail. Elle sera responsable de communication pour le Nouveau Monde à Fribourg dès son retour.

mercredi 26 mars 2008

Orchha : Happy Holi !



Nous voulions nous arrêter à Gwalior, mais sur un coup de tête, nous poussons jusqu’à Orchha. Bingo ! La ville est minuscule, tranquille et notre premier coucher de soleil sur la forteresse présage de la beauté des sites.

Et finalement, le deuxième jour, 22 mars, voici Holi. Cette fête des couleurs est un peu comme le carnaval chez nous, sauf qu’à la place des masques, les participants s’arment de couleurs dont ils aspergent les passants. Imaginez une rue pleine d’hommes surexcités et recouverts de peintures bariolées ! Et puis comme à Carnaval, puisque tout est permis, ça picole un peu partout. La majeure partie de la journée, nous restons bien à l’abri dans le jardin de la guesthouse. Après une séance photo avec la famille de l’hôtel, nous tentons une sortie en fin d’après-midi. La ville est plutôt calme et nous apprenons que par précaution le règlement interdit de commencer à boire avant 21h. Finalement notre participation se limitera à quelques traits de couleurs sur le front. D’autres touristes plus téméraires sont tout peinturlurés.

Le lendemain, jour de visite. La forteresse rajpute et ses mille et un escaliers, les temples et les échoppes.

La population touristique de Orchha est composée en grande partie de français, nous nous en rendrons vite compte, une fois installés dans l’arrière-salle d’un petit resto : une ancienne obèse quarantenaire arrivée en Inde il y a cinq mois, bien décidée à s’installer et, désormais, à épouser son Mohamed du Cachemire, suivie de sa fille, 22 ans, et de ses deux petites amies, ainsi que d’une « funny nanny » toujours prête à prodiguer ses conseils et ses réflexions sur le vie, venue rejoindre son petit ami, invisible durant les deux jours que nous partageons. La fine équipe !

mardi 25 mars 2008

Agra : Arrêt à l’étage Mahal





Premier train indien. De l’extérieur, avec leurs toutes petites fenêtres à barreaux, on a vraiment l’impression d’aller s’enfermer dans une minuscule cellule sur roulettes. Mais une fois à l’intérieur, le plafond est plutôt haut et l’espace surprenant, pour preuve le nombre de personnes qui peuvent s’entasser là et le nombre, encore plus important de personnes qui déambulent : vendeurs de thés, de cafés, de samosas, vendeuses de cacahuètes, de jouets (curieusement ces rôles semblent être bien définis), mendiants, flûtiste aveugles, infirmes, enfants contorsionnistes… un spectacle permanent. Le wagon résonne de cris rauques « Chai, Chai, Chai – Coffee, coffee ! », ça rigole, ça téléphone, ça crache et, évidemment, ça questionne. Mais surtout, les trains indiens, ça siffle ! Expérience nettement moins rigolote pour Malik.

Prise de quartier dans une guesthouse recommandée par le Lonely Planet et le Routard (donc sympa mais forcément très frenchy !). Comme amuse-bouche, nous nous offrons le Baby Taj, une ébauche « miniature » du Taj Mahal. Ensuite, Shabbu, notre rickshaw-driver booké pour deux jours, nous emmène sur les rives de la Yamuna asséchée pour le coucher de soleil sur le Taj Mahal. Il nous propose deux options, le parc payant ou le lit du fleuve (gratuit) et nous recommande chaudement la seconde. Grandiose ! Pierre se promène en canardant le monument et la plage, pendant que Malik joue au cricket avec les gamins du coin, sous l’œil attendri des autres touristes dont certains confieront à la maman : « C’était tellement mignon qu’on ne regardait presque plus le Taj ».

Deuxième jour : nous voilà face à la légende ! Et bien c’est aussi beau qu’on le dit, l’écrit, le photographie, le filme, même plus encore. Après avoir contemplé le Taj Mahal sous tous les angles, nous nous asseyons sur l’esplanade, à l’ombre d’un petit muret. Une mère et son enfant s’approchent de Malik et nous prenons une première photo que nous leur montrons sur le petit écran de l’appareil. Quand nous relevons la tête, c’est tout un attroupement qui s’est formé, chacun voulant être photographié séparément. Et surtout chacun voulant voir son portrait. Les bénédictions pleuvent.

Passage obligé dans les boutiques agréées par Shabu : « Non, non, cette table en marbre de cinquante kilos ne nous intéresse pas du tout ». Nous terminons notre séjour « agrarien » par la visite du fort rouge, nettement plus beau que celui de Delhi.

Holy approche, cela fait même plus d’une semaine qu’on nous l’annonce sans qu’on en voie la couleur. Il est temps de trouver un endroit où se planquer.


jeudi 6 mars 2008

Bangkok : retour in crazy town



On ne sait pas si vous êtes comme nous mais quand on s’est mis une idée en tête, c’est toujours étrange de changer de plan. La pluie nous ayant poussés plus vite que prévu dans la « cité des Anges », on ne se sentait pas prêt du tout à affronter l’effervescence de la capitale. Pourtant, à peine quelques heures après notre arrivée, bien installés au cœur d’un des nombreux quartiers chauds, dans un hôtel à la semaine, on se sent comme chez nous.

Nous logeons dans la 309 – sur combien ? Mystère. Il y a tellement de chambres… - du Raja Mansion en plein Sukhumvit. Quand on sort de l’hôtel, plein de jolies jeunes femmes (???) font des coucous à Malik et à Pierre, moins à Farida. Dans les couloirs, des extraterrestres déambulent en marmonnant des incantations incompréhensibles.

Nos 8 jours à Bangkok nous permettent de compléter les visites que nous n’avions pas pu faire la première fois et… de faire les magasins ! Franchement les filles, entre nous, la prochaine destination shopping, c’est ici ! Mais on se donne rendez-vous dans une dizaine d’années, quand nous aurons toutes des postes à haute valeur ajoutée. Bangkok offre de tout pour tous les goûts et toutes les bourses, du plus cheap au plus hype. Résultat : nous avons lancé un nouveau paquet de 12 kg à travers la mer.

Ah, au fait, vous qui vouliez toutes savoir à quoi ressemble Pierre avec les cheveux courts : voilà c’est fait ! Il a succombé aux sirènes des coiffeurs d’un « mall trendy ». Rendez-vous à la rubrique photo et vidéo.

Histoire d’échapper à la climatisation des centres commerciaux, nous optons pour une balade au Lumphini Park. En milieu d’après-midi, il n’y a presque personne et nous nous installons au milieu du lac sur un « cygne-pédalo ». Détour désormais inévitable par la place de jeux où Malik ose enfin se lancer dans un toboggan-tunnel.

Le dernier jour, nous prenons le bateau-bus pour rejoindre le Wat Arun pour notre dernier temple bouddhique de ce côté-ci de l’Asie.

Pour nous, Bangkok restera la ville :

  1. des glaces du soir au 7 Eleven
  2. des filles aux jambes nues
  3. de : c’est un ou une ?
  4. des gros bides à T-shirt vulgaire
  5. de Fafi disant : « J’peux pas choisir !!! »
  6. de Pierre qui fait les comptes, plus que d’habitude, c’est dire…
  7. des dernières soupes au lait de coco
  8. du mec bizarre avec un fusil bizarre
  9. des tuk-tuk qui pétaradent dans la nuit
  10. des marchés, des stands, des échoppes, des étals à nourriture
  11. des cérémonies religieuses devant les magasins Burberry
  12. du p’tit-déj’ au Starbuck Coffee
  13. de où y’a tout comme chez nous… et encore plus !

D’ailleurs, nous lançons un appel : J. couple cherche travail intéressant dans Cité des Anges. Motivé, enthousiaste. Prêt à aménager au plus vite. Laissez message sur le blog.

samedi 1 mars 2008

Chiang Mai: visas, bouddhas, koalas



La Thailande c’est aussi ça : Ubon – Chiang Mai, 17 heures de bus tout confort qui te font passer le trajet Fribourg – Berne pour un marathon. Arrivée au matin, donc, frais (presque) comme une rose.

Quelques tentatives dans les guesthouses « cooool » de la vieille ville : mais soit c’est plein, soit l’accueil est… disons… pincé. Nous finissons par trouver un nid dans une des 110 « Lanna guesthouse » du coin : chambre propre, eau chaude et réceptionniste adorable.

Un impératif : demander nos visas pour l’Inde. Sus donc au consulat ! On y apprend qu’il faudra 7 jours ouvrables pour régler notre cas. Nous creusons donc notre nid dans la cité des temples. En effet, Chiang Mai compte environ 300 temples pour 204'000 habitants ! Cela donne à la ville un charme tout particulier entre modernité et tradition. Il fait vraiment bon s’y promener.

Etape incontournable : le Night Bazaaaaaaar. Une succession de stands de t-shirts, bijoux, écharpes et autres souvenirs. Exclusivement voué aux touristes, pas super convivial, nous nous y ennuyons presque.

Rien à voir avec l’autre attraction commerciale de la ville : le Sunday Night Market. Une fois par semaine plusieurs rues de la vieille ville sont fermées au trafic et les cours des temples adjacents se remplissent de petits restos improvisés. Tous les deux mètres des groupes poussent la chansonnette (des petits jeunes, des aveugles, des familles, même un petit vieux avec sa femme qui esquisse deux pas de danse !). Et des stands partout, partout, partout ! Pourtant l’atmosphère est agréable, il y a de l’espace, de l’air. Le fait que ce marché soit autant fréquenté par les Thaïs que par les farangs est certainement décisif. On déambule, on s’y perd et, au final, nous marchons 6 heures sans même nous en rendre compte.

La dizaine de temples que nous avons visitée a pour point commun une grande propension au luxe et à la dorure. Avec une mention spéciale au temple du bouddha de jade dont la boutique se trouve dans la salle de prière et celui du mont Doi Suthep, une sorte de « Gruyères » local, la ferveur religieuse en plus, la double-crème en moins.

Allez bon, et puis de temps en temps il faut faire quelque chose juste pour faire plaisir à Malik. Nous voilà donc au zoo. A l’entrée, un service de bus est offert avec le ticket… Mais c’est pas comme ça qu’on visite un zoo, voyons ! 5 heures de marche plus tard, 3 km après les éléphants et à 2 km des fauves, nous commençons à comprendre… Réparti sur un site gigantesque, le zoo de Chiang Mai offre deux attractions spéciales : les koalas et les pandas !!! Et devinez qui sont les plus excités devant les peluches noires et blanches ? Malik, quant à lui, réclame une glace et la place de jeux en ferraille des années 70. Il ressort de cette journée avec son vocabulaire enrichi du mot « civette » (sorte de chat sauvage) qu’il répète à qui veut l’entendre depuis.

Autre grande séquence animalière : la becquée aux pigeons du parc de Suan Bak Huat. Dans le soleil couchant, Malik piétine les amoureux, interrompt les séances familiales de photographie pour le plaisir de voir s’envoler les oiseaux.

Visas en poche nous quittons la ville pour Sukhothai où nous avons promis un « hôtel-surprise » à Malik.

lundi 18 février 2008

Champassak : le Mékong vu du hamac


Ancienne capitale du royaume, Champassak se résume aujourd’hui à une seule rue. Mais quel bonheur de savourer sa tranquillité.

Une fois n’est pas coutume, le trajet est court mais ô combien pittoresque : nous embarquons dans un sawngthaew (une camionnette équipée à l’arrière de banquettes transversales) qui nous amène sur les rives du Mékong. Là nous attend un bac qui nous fait traverser. Notre « taxi » nous dépose tous à la dernière guesthouse du village et, comme elle ne nous plaît pas, nous entamons une remontée de l’unique, mais interminable rue, accompagnés d’une Suédoise fan d’ABBA, d’un Espagnol taciturne et… d’Ingo. Nous trouvons enfin notre bonheur dans la toute première guesthouse de la rue. Une jolie chambre propre, un grand jardin, un petit resto-terrasse et des hamacs sur le fleuve. Apaisant.

3 jours de tranquillité absolue et de repas en compagnie d’Ingo. L’Anouxa guesthouse restera décidément dans les premières places du best of du voyage.

Drôle de bonhomme cet Ingo. La petite cinquantaine, ce cuisinier suédois vient de tout larguer pour s’installer dans la région d’Isan, au nord de la Thailande. Il revient du Vietnam qui l’a rendu complètement « exhausted » (il se plaît à le répéter), n’est là que pour renouveler son visa, avant de retrouver sa petite maison au milieu des rizières où il passe ses journées à regarder les buffles loin de la frénésie capitaliste occidentale. Grandes discussions et excellentes soirées au cours desquelles Farida comble une grande lacune culturelle : elle goûte enfin au Lao Lao, la Vodka locale.

Notre seule activité : la visite du Vat Phu Champassak, un complexe de ruines contemporain d’Angkor, situé dans un site naturel magnifique. En chemin nous recroisons tous les « falangs » que nous avons rencontrés depuis une semaine… une petite atmosphère de gare de Fribourg. Nous faisons la connaissance de deux Lausannois avec qui nous partageons le repas de midi… et une bonne partie de l’après-midi. Chacun repart ensuite sur sa mobylette : « On se reverra à Fri-Son ou au Romandie. »

Difficile de quitter l’Anouxa (d’ailleurs Ingo ne bougera pas), mais l’espoir que nous plaçons dans les 4000 îles finit par avoir le dessus. Nous nous attendons à embarquer dans le bac, mais le sawngthaew nous dépose dans un temple et nous devons descendre à pied sur la rive ou nous attend un… « baquet » : 4 ou 5 planches vaguement clouées ensemble et équipées d’un petit moteur.



vendredi 8 février 2008

Luang Prabang : un joli petit coin




5 heures de minibus sur des routes tortueuses nous conduisent à Luang Prabang. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, cette ville est quasi complètement dévouée au tourisme. Pourtant, il fait bon s’y arrêter. Si bon que nous y passons une bonne semaine dont deux journées dédiées exclusivement à une visite approfondie du petit coin de notre guesthouse. Oncle Mo, ancien professeur d’uni et ex-conseiller DU ministre reconverti en producteur de café et tenancier de guesthouse, nous accueille sur sa terrasse en bois, où nous passons des après-midi reposantes. Nous avons quand même droit à l’émission de TV5 dans laquelle il témoigne de l’accroissement du tourisme dans sa ville, ainsi qu’aux articles de presse qui lui sont consacrés.

Une fois sortis de la rue principale – ses jolis magasins, ses délicieux restaurants et pâtisseries et ses confortables salons de massage – nous nous baladons dans des ruelles paisibles et Malik se réjouit à chaque porte de temple de pouvoir « courir dans tous les sens ». On y discute avec des moines curieux, on y rencontre des familles berlinoises en vadrouille et des Autrichiennes, heureuses de s’échapper un moment de leur tour organisé.

Nous grimpons sur le mont Phu Si admirer le coucher de soleil et les deux fleuves – le Mékong et le Nam Khan – qui entourent la ville. En redescendant, nous avons l’occasion de nous recueillir sur l’empreinte du pied de Bouddha, qui, soit dit en passant, devait chausser au moins du 64.

Le soir, un marché d’artisanat s’installe à même le sol donnant une ambiance chaleureuse aux venelles.

Estomacs réparés, nous nous décidons, le dernier jour, à faire une excursion en-dehors de la ville. Nous partons en tuk-tuk pour les chutes de Tat Sae. Mini – mais super jolie – balade en bateau pour accoster dans une forêt où Malik approche ses premiers vrais éléphants asiatiques.

Nous bookons notre chauffeur de tuk-tuk pour le lendemain à 8h00, direction la gare des bus. Etrangement, celui-ci insiste pour venir nous prendre à 7h00. Nous lui en sommes toujours très reconnaissants…

dimanche 20 janvier 2008

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux



On n'a pas pu résister à l'envie de vous montrer la vidéo du lâcher d'oiseaux. Regardez bien la tête de Malik quand il réalise ce qui vient vraiment de se passer.

mardi 15 janvier 2008

Vientiane : Boulangerie – Bouddha - Bobo



Jamais séjourner dans une capitale n’aura été aussi reposant. Après une première nuit dans une chambre pourrie, nous dégottons une charmante guesthouse dans laquelle nous creusons notre nid pour 7 jours. La proportion de boulangeries semblant relative au nombre d’étrangers résidant dans la ville, nous récupérons de notre voyage en bus à coup de viennoiseries.

Quel plaisir de déambuler dans les rues sans se sentir menacés par une horde de mobylettes en folie. Pas de klaxon, ni d’agressivité, les gens sourient, vous saluent… quel calme !

Visites de nombreux temples, chacun dégageant une atmosphère particulière. Point d’orgue : un lâcher de moineaux dans le parc le plus fréquenté de Vientiane. Ici on peut acheter de petites cages dans lesquelles sont emprisonnés deux ou trois oiseaux que les gens relâchent en formulant des vœux.

Nous louons également une moto pour une journée de visites en dehors de la ville. L’aventure débute plutôt mal, puisque, par l’odeur du croissant au chocolat alléché, Maître Pierre grille allègrement un sens interdit sous le regard sévère de trois jeunes policiers sur-motivés. Contravention bidon rédigée sur un carnet Hello Kitty, 5 dollars et hop c’est réglé. Première escale, le monument national, impressionnant avec son imposante structure dorée. Malik a son habitude s’endort sur la moto. A la station d’essence, Farida est si concentrée sur l’idée de ne pas le réveiller qu’elle en oublie le pot d’échappement sur lequel elle applique gentiment son mollet. Aïe : premier bobo du voyage qui éveille en Pierre une folle envie de poulet grillé. En fin d’après-midi, nous arrivons au Xieng Khuan, le parc du Bouddha. Peuplé par des dizaines de statues de béton, ce jardin est un vrai paradis pour Malik qui court, grimpe et escalade toutes sortes de créatures mythologiques. Il se fait même avaler par un dragon !

Après avoir testé plusieurs restaurants aussi délicieux les uns que les autres, nous découvrons à deux pas de notre guesthouse un petit marché de nuit, qui nous permet de faire de véritables repas gastronomiques à un prix modique. Un peu de ceci, un peu de cela et on savoure le tout à la terrasse de l’hôtel.

Même si l’envie de nous établir ici nous chatouille, the trip must go on. Prochaine étape Vang Vieng.