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mardi 11 décembre 2007

Phnom Penh : la quiétude juste en face du cauchemar


Avec beaucoup d’appréhension, nous débarquons dans la capitale cambodgienne. Guides de voyage et anciens visiteurs croisés sur la route, nous avaient prévenus : Phnom Penh, grand max deux jours. Finalement nous y sommes restés 5 jours très agréables. Il faut dire que nous avions trouvé LA guesthouse ! Imaginez : au milieu de la ville poussiéreuse, un havre de paix, des chambres romantiques cachées dans un jardin verdoyant. Et pour couronner le tout, un restaurant dont Farida n’arrive pas à détacher ses yeux de la carte… Si elle n’avait pas craint une frustrite aiguë, elle en aurait emporté un exemplaire !

Un sentiment bizarre quand même : ce petit nid de rêve se situe en face de Tuol Sleng, mieux connu sous le nom de S-21, la tristement célèbre prison khmère rouge. Dans cet ancien lycée, près de 17'000 personnes ont été torturées puis exécutées. Jamais visite n’a été aussi silencieuse. Ces centaines de portraits (tirés par les Khmers rouges eux-mêmes lorsque les détenus arrivaient ainsi que, parfois, après les « interrogatoires » aux électrochocs) qui vous fixent dans ces salles de classe à l’aspect tellement ordinaire n’invitent pas au commentaire.

Ironie : durant la visite Malik se distrait en lisant « Madame Pourquoi » et « Monsieur Heureux ». A méditer.

A côté de ça, la visite du palais royal et de son « lointain » bouddha d’émeraude, nous a laissé plutôt froid.

Deux rencontres marquantes. Nous avons fait connaissance de Marjolaine Nicod, une Suissesse qui travaille depuis un an à Phnom Penh et qui nous a entraînés dans une magnifique balade aux confluents du Mékong, du Tonlé Sap et du Tonlé Bassac. Merci !

Le soir même, nous avons retrouvé deux autres voyageurs fribourgeois : Yamina et Benoît qui eux – héhé – remontaient vers Bangkok pour regagner la Suisse. Deux super soirées d’échange d’infos et de bouquin, mais surtout de rigolade. See you home !

Kompong Thom : et au milieu chante une prière

Sur la route de Phnom Penh, nous avons décidé de faire une halte dans la petite bourgade de Kompong Thom. Au programme, visite de sites préangkoriens nichés dans la forêt. Une jolie balade à l’ombre et un sympa trajet en taxi à travers les villages alentours.

Kompong Thom a la particularité de partager ses cérémonies religieuses (fêtes ou enterrements) avec toute sa population. En effet à ces occasions, durant trois jours, des haut-parleurs crachent musique et sermons religieux de 16h00 à 23h00, puis… de 4h00 à 11h00. Courte nuit !

Par contre, après notre pire repas asiatique dans un restaurant, nous n’avons pas pu résister au plaisir de filmer une de ces cuisines de rue dans lesquelles nous aimons tant nous restaurer.

vendredi 30 novembre 2007

Pailin : welcome to glauque-city


Le chauffeur nous emmène donc à cette ville étape de Pailin où nous pourrons trouver une autre voiture pour Battambang… moins chère espérons-nous. Après un coup d’œil dans un véritable bouge que nous fuyons immédiatement, nous trouvons refuge dans un hôtel coloré. La chambre est correcte ; les prix défiant toute concurrence, nous nous installons.

Curieux de découvrir le « vrai » Cambodge, nous faisons un petit tour au marché local. Seule attraction du bled : nous ! Il faut dire que notre petit cortège, poussette en tête, embarqué au milieu des étals et de la circulation est plutôt cocasse.

En prenant notre douche, nous constatons que la chambre est décorée de « musharabieh » joliment ouvragés donnant sur le couloir. Ce n’est qu’une fois alongés dans le noir que nous constatons qu’ils sont un sérieux frein au moindre brin d’intimité. Bien callés dans nos sacs à viande, nous partageons la douche – rythmée de moult crachats et autres raclements suspects - de nos voisins, ainsi que leur programme télévisé, leurs blagues, probablement fort drôles, mais bon en cambodgien… jusqu’à une heure fort avancée. Là-dessus se greffent même les échos d’une vraie basse-cour qui nous amène à penser que si nous sortions de la chambre, nous découvririons probablement que, durant la nuit, une véritable clinique vétérinaire s’est installée dans les couloirs de l’hôtel. Pour couronner le tout, ont lieu ce soir-là les prémisses d’une fête nationale, annoncée à grands coups de pétards.

C’est dire si nous avons dormi sur nos deux oreilles !

Levés aux aurores, nos yeux présentent de sérieux signes d’intégration asiatique. Les paupières lourdes nous descendons attendre la voiture qui doit nous conduire à Battambang. Quelques minutes d’attente et la voici, la banquette arrière déjà occupée par trois personnes. Après plusieurs tentatives pour caser notre paquetage dans le coffre, force est de constater que c’est impossible. Le chauffeur fait sortir tout son petit monde du véhicule. Moyennant un petit supplément, il nous propose d’occuper la banquette arrière avec nos bagages. Nous refusons catégoriquement et reprenons toutes nos affaires. Intervention d’un tiers anglophone, négociations serrées, le prix baisse d’un bon tiers, nous réembarquons. Un peu gênés, nous nous demandons ce qu’il va faire de ses autres passagers. Mais après un petit moment de flottement, nous voilà rassurés en les voyant embarquer tous à l’avant. Nous voici donc partis, à 7 plus nos sacs, pour 4 heures de véritable « tape-cul ». Fous rires et malococcix garantis.

Exténués, mais ravis, nous arrivons à Battambang.

mercredi 28 novembre 2007

Enfin on the road


Finalement, Kho Chang a eu un effet étonnant sur les deux lézards que nous sommes : lassés ou impatients de découvrir les merveilles que nous promettait la route, nous avons décidé de partir plus vite que prévu.

Première escale : la petite ville tranquille de Trat où nous logeons dans une guesthouse « de charme » tenue par une jeune femme charmante. Parquets et escaliers de bois sombre, décoration de goût et patio verdoyant. Petite visite au « frenchman » du coin, réputé pour sa bouquinerie et ses conseils avisés aux voyageurs. Dîner à 16 heures – c’est aussi ça le voyage – sur une petite terrasse ombragée à l’abri de la poussière de la ville… et surtout : un vrai cappucino pour Pierre ! Farida découvre le café glacé. Tout est si parfait qu’après un tour des gargottes de la ville, on décide d’y retourner le soir-même.


Tigrou se fait la malle

Nous qui pensions être des compagnons de voyage plutôt agréables à vivre, nous avons dû nous rendre à l’évidence : Tigrou a essayé de nous fausser compagnie ! Malik profondément endormi, bien callé dans sa poussette, au milieu du tintamarre des klaxons a laissé s’échapper son tigre favori dans les rues de Trat. Mais don’t worry, Olga : nous avons évité une panique générale en parcourant à nouveau tout le chemin, scrutant la poussière et les caniveaux – mais peu convaincus, nous devons le dire. Et pourtant, voilà l’animal, sagement assis sur une souche d’arbre (ce que faisait une souche au milieu de la ville de Trat, mystère…) à nous attendre.

De Trat, la route nous mène le lendemain à Chanttaburi en minibus, puis vers la frontière cambodgienne.


De l’asphalte à la piste

Le minibus nous dépose côté thaïlandais et nous devons – après une séance photo officielle organisée gentiment par un douanier tendrement enlacé par un mignon travesti piercingué de partout – traverser le no man’s land à pied. Imaginez le tableau : un pont improbable, une route en terre battue qui se noie dans une sorte de terrain vague, des militaires partout et des femmes et des enfants qui errent en mendiant vaguement. Là au milieu, chargés comme des ânes : Pierre, Farida poussant le buggy, Malik les doigts de pieds en éventail. Bienvenue au Cambodge !

Une bonne heure pour faire le visa et l’ombre du taximan qui nous attend pour négocier le trajet. Bonne surprise, aucun bakchich à verser aux douaniers contrairement à ce qu’on nous avait annoncé.

Par contre le prix réclamé par Jojo le cow-boy de la route est juste. Longue discussion et, finalement, nous arrivons à un accord nous n’irons pas jusqu’à Battambang comme prévu, mais nous ferons un arrêt à Peilin.