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mardi 18 mars 2008

New Delhi : fin de bail à l’ambassade



Delhi regorge de ruines… Quoi de mieux pour changer un peu qu’une petite plongée dans l’art contemporain indien ? Le Musée d’art contemporain d’Indira Gandhi vaut vraiment le détour. Un coup de cœur. L’entrée colorée du bâtiment, une sorte de yourte en briques, invite déjà à l’exubérance des œuvres exposées à l’intérieur. Le plan de l’édifice en cercles concentriques dynamise la façon dont les objets – marionnettes, masques, costumes de théâtre, peintures inspirées de légendes védiques – sont mis en scène.

Après la nourriture culturelle, direction Connaught Place pour la nourriture physique. Le chauffeur de rickshaw, croyant nous faire plaisir, nous dépose devant un fast-food américain. Nous nous mettons donc en quête d’un endroit plus typique. Un marché de rue s’installe. Difficile d’expliquer aux rabatteurs qu’il est plus intéressant de se promener là que d’être coincés dans un magasin d’Etat ! Finalement, nous trouvons ce que nous cherchons dans un couloir en sous-sol : un troquet tenu par des Indiens pour des Indiens. Devant nos doutes face à la carte ce sont nos voisins de table qui nous conseillent. Chicken curry, mutton dahi et plain naans, accompagnés de lassi délicieux, le tout à des tables communes dans une salle minuscule et surbondée. Tout ce qu’on aime ! Difficile quand même de trouver un plat « not too spicy for the baby, please ». Malik se rabat sur les naans et les coins de samosa.

Il faut bien se décider à quitter le cocon doré. Passage obligé par la gare pour réserver nos billets de train. Il faut compter 2h30 pour rejoindre Agra… et au moins le même temps pour acheter les sésames. Pierre se coltine 3 files d’attente dans 3 endroits différents : la première – ticket booth : c’est pas clair ça comme indication ?? – nous renvoie à la seconde – current reservation – où il faut remplir un formulaire que l’on apporte au « ?? » reservation. Après 1 heure d’attente, notre héros assoiffé a la chance de passer guichet à 13h59 alors que les bureaux ferment à 14h !

Pour nous détendre, un petit tour dans les jardins du Purana Qila, un ancien fort. Au milieu des collines… ça fréquente, ça fréquente ! Depuis notre arrivée à Delhi, nous avons l’impression que dans chaque coin et recoin de nature roucoule un couple d’amoureux. Incredible India !

Depuis quelques jours, « notre » rue est bloquée par des barricades policières où il faut montrer patte blanche. Motif : samedi des manifestants pour le Tibet libre ont protesté devant l’ambassade de Chine. Résultat : 60 arrestations. De chez « nous », nous n’avons rien vu, rien entendu… tellement suisses !


Encore un petit mot pour remercier chaleureusement Laurent et Meenz de leur accueil. Quel havre de paix, quel espace, quel lit confortable (et on sait ce qu’on dit !). Cette fois c’est publique : nous vous attendrons chez nous à votre prochaine escale en Suisse pour une fondue, une raclette, une soupe de chalet ou le couscous de votre choix. Encore merci !

vendredi 14 mars 2008

Old Delhi : Fafi dans l’métro

« Le métro est tellement clean à Delhi que tu peux manger par terre ! », nous a dit Philippe. Quel meilleur moyen alors de rattraper le choc raté à l’aéroport que de l’utiliser pour nous rendre à Old Delhi ?

Si l’achat des jetons fait encore ressortir le naturel des Indiens – cohue, et que j’te passe devant, le métro, en cours de construction, est vraiment nickel ! Dès l’entrée, un panneau vous avertit « Il est interdit d’y mâcher du chewin-gum et du bétel. » La sortie nous mène au milieu d’un carrefour où se bousculent turbans, saris, moustaches, cyclo-pousses, infirmes et chèvres égarées. Ca y est : on est enfin arrivés ! Nous montons allègrement dans le carrousel. Direction la mosquée que nous visitons à tour de rôle, afin de garder l’appareil « hors taxe » (entrée pour l’appareil : plus de Fr. 10.-, une pensée pour Frank-Olivier).

Après les vœux à Buddha, Malik s’essaie à la prière musulmane : genoux à terre, fesses en l’air. Bref instant de gêne de Farida cachée sous son voile improvisé. Quand elle entend le vieux monsieur rire derrière elle, Malik séduit décidément partout.

Repas de midi chez Karim, une gargote indienne réputée depuis 1913. Nous y dégustons de l’agneau (youhouhou). Mais où sont passés les Hindous végétariens ?

Fin d’après-midi au Fort Rouge. Une famille entière, absolument pas anglophone, se déplace pour venir « discuter » avec nous. On se fait des sourires, on se montre les bébés : « He’s so cuuuuuute ! », le nouveau leitmotiv de Farida.

Le soir, tentative de trouver un restaurant typique dans le quartier des ambassades. Cuisant échec ! Ici, on mange japonais, chinois, voire un peu d’indien, mais surtout extrêmement cher. Nous nous rabattons sur un stand-kiosque dans une rue sombre et ramenons notre butin à la « maison ». Les beignets de poulet et les samosa sont justes delhi-cieux.

Le lendemain, balade dans le parc des biches et virée au Montmartre du coin, le Haus Kahs Village. Galeries d’art, boutiques de design, vêtements hors de prix… De quoi faire pâlir notre cœur d’accrocs du shopping au budget limité. Nous nous cèderons pas… pas encore !


vendredi 15 février 2008

Tha Khaek – Savannakhet – Pakse : descente éclair vers le Sud



La principale qualité de Tha Khaek est le Tha Kek Travel Lodge, une charmante guesthouse située à quelques kilomètres du centre-ville. Une grande chambre, un énorme lit au matelas confortable et de l’eau chaude nous y attendent. Au centre, un jardin dans lequel, le soir venu, on allume un feu et l’excellent restaurant – salade de patates et meat balls – rendent l’atmosphère conviviale.

Concentré sur le site web de L’Objectif, Pierre ne se rend pas compte qu’il est observé : « Mais t’es Fribourgeois ? » Et nous voilà face à un compatriote. David Clément parcourt le monde à vélo depuis 17 mois.

Autres attractions locales :

- la « loop », grande boucle de 400 km de pistes à parcourir à moto : pas pour nous !

- les rives du fleuves : en construction !

- un salon de massage réputé : introuvable !

- un karaoké de l’après-midi : trois adolescents qui chantent faux, très faux !

- le marché et ses rats des champs exposés, ventre à l’air, mais vite ramenés dans un sac quand surgit l’appareil photo (leur vente est sévèrement prohibée) !

- le yoyo-souris. Après trois jours de jeux innocents avec les employées de la guesthouse, Malik se retrouve avec un jouet plutôt morbide dans la main : une souris à la nuque tranchée ! Approche diplomatico-tendue de Farida. Comment lui faire poser la bête sans vexer les employées hilares ?

Nous profitons de ce séjour pour nous reposer et nous balader dans les rues d’une « vraie » ville laotienne, sans croiser un seul touriste. Au détour de la promenade, nous nous arrêtons dans un très joli temple, reçus par de jeunes moines accueillants et nous recevons de leur supérieur des bracelets porte-bonheur. Le tout accompagné d’une prière.

Savannakhet n’offre pas beaucoup plus de distractions. Le second soir, nous dînons au Lao-Paris. La tranche de viande est délicieuse, la fillette du patron, sourire d’ange, caractère de cochon, rappelle à Malik que le monde des enfants peut, aussi, être cruel. Au milieu des cris et des protestations, entre un quinqua flegmatique : « What’s the matter here ? ». Première rencontre avec Ingo. A la sortie du resto, Malik se console dans une micro-fête foraine où il peut expérimenter son premier tour en carrousel.

De retour à la guesthouse, nous sommes même invités à écouter un concert pop lao dans un beer garten de « djeuns ». On l’avait déjà constaté dans les vidéo clips, les jeunes Laos ont la musique sehr romantisch !


Arrêt éclair à Pakse. Grand moment de doute à la sortie du bus : rester ou tracer jusqu’à Champassak ? Quatre touristes sur le bord de la route : un qui part, restent nous et… Ingo. Petit arrêt boisson, nous faisons connaissance.

Notre unique visite est consacrée au restaurant indien de la même chaîne que celui de Paksan. Un vrai délice pour la bouffe, une vraie erreur pour les chambres situées à l’étage. Heureusement, il y avait des cornets de glace !!! Deux tables plus loin soupe… Ingo.

Le lendemain, le tuk-tuk nous conduit à la gare des bus. Nous embarquons dans un sawngthaew (un tuk-tuk en plus grand) pour Champassak. Tout au fond… Ingo !