vendredi 25 avril 2008

Goa : full trance-piration



Il fait chaud. Très chaud. Trop chaud. A croire que, à chaque jour qui nous rapproche de notre départ correspondent quelques degrés en plus… histoire de nous faire mieux apprécier le climat helvétique. Ceux qui connaissent notre lézard-attitude apprécieront la portée de ce commentaire.

Fuyant les pannes de courant de Varanasi, nous traversons l’Inde d’est en ouest en quelques heures (merci les low-cost !). Et nous voilà à Palolem : la plage réputée la plus paradisiaque de Goa. Rien à redire : de petits bungalows cachés sous les cocotiers, une mer presque à la température de l’air (une vraie baignoire parfois !), le sable le plus fin dans lequel on ait marché, d’excellents petits restos installés sur la plage et de charmantes petites boutiques aux prix si exorbitants qu’ils nous ôtent tout soucis budgétaire… le shopping pas pour cette fois !

Goa c’est aussi de magnifiques églises, de petites ruelles typiques d’anciennes colonies portugaises, une architecture unique dans un cadre étonnant… enfin c’est le Livre qui le dit… nous, depuis 3 semaines, on ne s’est pas traînés sur plus de 500 mètres, et encore…

On mange, on se légume sur la plage, on se paie une petite baignade, une grosse sieste et on recommence… Faut quand même dire que le soleil et l’humidité vous assommeraient un buffle !

Les activités cependant ne manquent pas : cours de gestion des vagues et du courant, apprentissage de la planche, exploration des lacs et de l’île déserte avec option sciences nat’ (migration des mini-crabes, mœurs aquatiques des bernard-l’hermite, us et coutumes des chiens des dunes lunatiques, règles des combats aériens d’aigles vs corbeaux et étude des usages défécatoires des bovidés placides), construction de forts-aéroport-autoroutes-glaceries, tentatives de lecture (« ohhh, mais Malik, 5 minutes, s’te-plaît… ») et hermétisme aux approches des vendeurs de bijoux, d’étoffes, de henné, de livres, de cd, de journaux et de percussions, sans compter les mendiants. Finalement nos journées sont bien remplies.

Dans 3 jours direction Mumbai, la dernière étape.

lundi 14 avril 2008

Varanasi : course d’orientation au Golden Temple



Un bus nous emmène de Khajuraho à Satna. C’est l’occasion de rencontrer Iman, un Iranien qui voyage avec deux compatriotes. Longue discussion typique de voyageurs : pourquoi la route et ce qu’elle vous apporte ? Iman nous explique un point de vue intéressant : c’est l’occasion pour lui de mieux connaître des représentants de cultures qui lui sont complètement étrangères, voire ennemies et de réviser ses préjugés. Ou comment voyager en Inde peut rapprocher Iraniens et Israéliens. Notre nouvel ami est aussi très impressionné de nous voir voyager avec Malik et se révélera un compagnon « plus que serviable ».

L’arrivée en gare de Satna nous réserve une surprise qui n’en est pas une : le train est en retard. Iman et ses amis nous récupèrent sur le quai et nous indiquent une first class waiting room qui hume bon le pipi. Farida se trouve une nouvelle correspondante qui partage les mêmes goûts artistiques. Le petit groupe se sépare au moment où le train est annoncé sur le quai numéro 2. Un train arrive. Pas le nôtre. Nouvelle annonce pour le quai numéro 3, cette fois. On se déplace et on attend. Un train arrive au quai 2. Les gens embarquent. Soudain surgit Iman, complètement stressé, venu s’assurer que nous montions dans ce train. Notre train est toujours indiqué au quai 3 mais pendant que Iman s’agite, les haut-parleurs rectifient l’erreur. Paniqué, Iman croit bien faire en sortant Malik de sa poussette pour nous pousser dans le premier wagon sans se rendre compte qu’avec nos énormes sacs, il nous est impossible de nous déplacer dans les couloirs étroits. Il nous lance alors dans une course effrénée du wagon de queue à celui de tête, Pierre poussant un buggy vide et Farida chargée de son sac, 20 kg, et de Malik, 15 kg. Le sac de fruit tombe par terre provoquant la panique de Malik et nous freinant dans notre course. Nous arrivons exténués à notre second class AC (le grand luxe pour les connaisseurs !) et nous nous écroulons sur notre couchette. Le reste du voyage sera du pur confort.

Arrivés à Varanasi nous optons pour une guesthouse recommandée par Frank, le Danois de Khajuraho qui avait confié une mission à Pierre : ramener la clé de sa chambre qui était restée dans sa poche. Cette pension est tenue exclusivement par de jeunes hommes dont la plupart possède le QI d’une limace dont le cerveau aurait été grillé par un abus de substances qui fait dire : « Hey man ! » à tout être masculin entrant dans son champ de vision. D’ailleurs, il s’échappe régulièrement des chambres, des odeurs qui prouvent bien la recherche spirituelle qui anime les jeunes en visite à Varanasi. Cette équipe de gaillards est peu pressée au service mais déploie une énergie hors du commun à exciter Malik chaque fois nous venons de le calmer. Sinon, ils sont sympas.

Ca y est : nous sommes installés ! La spirituelle Varanasi nous tend les bras. La ville est comme un bon film dont tout le monde parle : « Faut qu’tu restes au moins une semaine pour comprendre le truc ! », « C’est trop powerfull ! », « Trop plein de cows ! »… Bref, semblerait qu’il n’y a pas de mots assez forts en français pour décrire cette magie. Trop de bonne pub tue la pub !

Varanasi magnifique : ses ghats, son marché, ses temples, son Ganges, ses balades en bateau, ses sadhus, ses petites ruelles, ses bûchers, ses coupures d’électricité, ses singes et ses vaches (ah oui, c’est comme ça qu’on dit), ses cyclopousses, ses cérémonies et sa mixité religieuse. C’est vrai, la ville dégage une sacrée énergie ressentie nulle part ailleurs.

Et maintenant Varanasi détestable : on ne se refait pas, la religion, côté humain, c’est pas notre truc ! Une visite impromptue au Golden Temple nous servira de leçon. En nous promenant dans le marché, nous arrivons devant une des entrées surgardées du fameux Golden Temple. A un militaire : « Pouvons-nous entrer ? », « Bien sûr, pourquoi pas ? » Commence la mésaventure. A l’entrée, un vendeur glisse à Pierre : « Si on vous demande, dîtes que vous êtes hindous. » ; nous passons devant un mirador et une dizaine de militaires armés. Les brahmanes qui nous servent de guides imposés nous expliquent que le temple se protège des attentats islamistes puisque nous nous trouvons aussi sur une terre sacrée pour les musulmans. Nous sommes entraînés à toute vitesse dans une sorte de course d’orientation où chaque poste est tenu par un brahmane qui, au lieu des énigmes, nous fait réciter des prières, moyennant de coquettes sommes d’argent. Arrivés devant le saint du saint, on essaie de nous faire signer un registre pour lequel il faut montrer nos passeports à d’autres militaires armés. Une plaque derrière nous indique clairement cette fois que le lieu est interdit aux non hindous. Même s’il sait pertinemment que c’est pur mensonge, un des guides répète à Pierre qu’il doit déclarer être hindou. C’en est trop ! Nous exigeons de rebrousser chemin. Ce qui est fait, non sans passer par deux nouvelles étapes payantes ! Le fou rire nous guette lorsqu’on demande à Farida de donner son nom et celui de Malik pour la prière et que devant un tel déploiement anti-musulman, elle s’annonce comme Fafi et Michel. Ecoeurés, nous nous précipitons vers la sortie. Farida hyperventile, Malik est assommé, tandis que Pierre se demande encore comment on a pu lui tirer autant de fric ! Subitement, c’est toute la ville qui semble étouffante : de l’air !

Le lendemain, ça va mieux. Une jolie balade sur les ghats nous réconcilie avec la douce atmosphère du Ganges.

lundi 7 avril 2008

Khajuraho : leçon de gymnastique (Interdit au moins de 18 ans !!!)





Trajet de luxe. Cette fois, nous choisissons le taxi pour rejoindre Khajuraho. Voyage très agréable en compagnie d’un couple canadien.

Khajuraho est une étape très touristique sur notre trajet vers Varanasi. Pizzerias et restos chinois tiennent le haut du menu. On se croirait presque sur la Costa Brava… Pas un mètre sans être accostés par un rabatteur pour de la fausse soie, des tenues babzouilles, des statuettes de Gandhi ou des reproductions des « gymnastes » du temple.

Indiens et Occidentaux viennent jeter un œil coquin aux statues contorsionnistes du lieu. Vous l’aurez deviné, l’attraction de Khajuraho, ce sont ses temples érotiques (attention pour ceux qui ont l’habitude de regarder nos photos avec leurs enfants, quelques poses de cette série sont sans équivoque). Pragmatiques, nos attaquons notre visite en expliquant à Malik que les jeunes femmes aux poses lascives font de la danse et que les couples trio-quatuor… enlacés sont en pleine séance de… gymnastique.

Pierre et Frank, un moniteur d’auto-école danois rencontré à l’hôtel, se lancent, livret de cartes postales à la main, en quête des reliefs les plus réputés, en particulier celui de la jument ! La pêche est bonne, le regard des guides amusé.

Après Frank, enthousiaste, sympathique, intéressé à tout et super « children friendly », Malik nous présente Stéphane : un Breton quarantenaire. Déjà le premier jour, Stéphane nous ramène Malik en nous faisant comprendre que le petit parle bien, mais que bon, là, ça suffit ! Après cette première rencontre distante, nous entrons, dès le deuxième jour, dans son intimité. Stéphane déambule depuis plus d’une semaine dans les couloirs de l’hôtel en traînant la patte à cause d’une sciatique. Son stock d’opium arrivant au bout, son humeur stagne au ras du sol, sans compter que cela fait au moins quatre mois qu’il n’a pas touché une femme – femme qui, soit dit en passant, sont toutes des emmerdeuses, n’est-ce pas ? Stéphane voyage depuis déjà si longtemps qu’il connaît tout sur tout et aime à le répéter, vautré dans son fauteuil, d’un air blasé. Il a l’anglais petit-nègre et le hindi trisomique. Mais bon… il essaie. Des projets plein la tête et des regrets plein le cœur, Stéphane nous invite à lire Poolan Devi comme s’il nous offrait la culture indienne sur un plateau. Manque de pot, on l’a déjà lu il y a plus de quinze ans… Ca y est, on a gagné son respect.

La bonne nouvelle de la semaine : Farida a trouvé un travail. Elle sera responsable de communication pour le Nouveau Monde à Fribourg dès son retour.

mercredi 26 mars 2008

Orchha : Happy Holi !



Nous voulions nous arrêter à Gwalior, mais sur un coup de tête, nous poussons jusqu’à Orchha. Bingo ! La ville est minuscule, tranquille et notre premier coucher de soleil sur la forteresse présage de la beauté des sites.

Et finalement, le deuxième jour, 22 mars, voici Holi. Cette fête des couleurs est un peu comme le carnaval chez nous, sauf qu’à la place des masques, les participants s’arment de couleurs dont ils aspergent les passants. Imaginez une rue pleine d’hommes surexcités et recouverts de peintures bariolées ! Et puis comme à Carnaval, puisque tout est permis, ça picole un peu partout. La majeure partie de la journée, nous restons bien à l’abri dans le jardin de la guesthouse. Après une séance photo avec la famille de l’hôtel, nous tentons une sortie en fin d’après-midi. La ville est plutôt calme et nous apprenons que par précaution le règlement interdit de commencer à boire avant 21h. Finalement notre participation se limitera à quelques traits de couleurs sur le front. D’autres touristes plus téméraires sont tout peinturlurés.

Le lendemain, jour de visite. La forteresse rajpute et ses mille et un escaliers, les temples et les échoppes.

La population touristique de Orchha est composée en grande partie de français, nous nous en rendrons vite compte, une fois installés dans l’arrière-salle d’un petit resto : une ancienne obèse quarantenaire arrivée en Inde il y a cinq mois, bien décidée à s’installer et, désormais, à épouser son Mohamed du Cachemire, suivie de sa fille, 22 ans, et de ses deux petites amies, ainsi que d’une « funny nanny » toujours prête à prodiguer ses conseils et ses réflexions sur le vie, venue rejoindre son petit ami, invisible durant les deux jours que nous partageons. La fine équipe !

mardi 25 mars 2008

Agra : Arrêt à l’étage Mahal





Premier train indien. De l’extérieur, avec leurs toutes petites fenêtres à barreaux, on a vraiment l’impression d’aller s’enfermer dans une minuscule cellule sur roulettes. Mais une fois à l’intérieur, le plafond est plutôt haut et l’espace surprenant, pour preuve le nombre de personnes qui peuvent s’entasser là et le nombre, encore plus important de personnes qui déambulent : vendeurs de thés, de cafés, de samosas, vendeuses de cacahuètes, de jouets (curieusement ces rôles semblent être bien définis), mendiants, flûtiste aveugles, infirmes, enfants contorsionnistes… un spectacle permanent. Le wagon résonne de cris rauques « Chai, Chai, Chai – Coffee, coffee ! », ça rigole, ça téléphone, ça crache et, évidemment, ça questionne. Mais surtout, les trains indiens, ça siffle ! Expérience nettement moins rigolote pour Malik.

Prise de quartier dans une guesthouse recommandée par le Lonely Planet et le Routard (donc sympa mais forcément très frenchy !). Comme amuse-bouche, nous nous offrons le Baby Taj, une ébauche « miniature » du Taj Mahal. Ensuite, Shabbu, notre rickshaw-driver booké pour deux jours, nous emmène sur les rives de la Yamuna asséchée pour le coucher de soleil sur le Taj Mahal. Il nous propose deux options, le parc payant ou le lit du fleuve (gratuit) et nous recommande chaudement la seconde. Grandiose ! Pierre se promène en canardant le monument et la plage, pendant que Malik joue au cricket avec les gamins du coin, sous l’œil attendri des autres touristes dont certains confieront à la maman : « C’était tellement mignon qu’on ne regardait presque plus le Taj ».

Deuxième jour : nous voilà face à la légende ! Et bien c’est aussi beau qu’on le dit, l’écrit, le photographie, le filme, même plus encore. Après avoir contemplé le Taj Mahal sous tous les angles, nous nous asseyons sur l’esplanade, à l’ombre d’un petit muret. Une mère et son enfant s’approchent de Malik et nous prenons une première photo que nous leur montrons sur le petit écran de l’appareil. Quand nous relevons la tête, c’est tout un attroupement qui s’est formé, chacun voulant être photographié séparément. Et surtout chacun voulant voir son portrait. Les bénédictions pleuvent.

Passage obligé dans les boutiques agréées par Shabu : « Non, non, cette table en marbre de cinquante kilos ne nous intéresse pas du tout ». Nous terminons notre séjour « agrarien » par la visite du fort rouge, nettement plus beau que celui de Delhi.

Holy approche, cela fait même plus d’une semaine qu’on nous l’annonce sans qu’on en voie la couleur. Il est temps de trouver un endroit où se planquer.


mardi 18 mars 2008

New Delhi : fin de bail à l’ambassade



Delhi regorge de ruines… Quoi de mieux pour changer un peu qu’une petite plongée dans l’art contemporain indien ? Le Musée d’art contemporain d’Indira Gandhi vaut vraiment le détour. Un coup de cœur. L’entrée colorée du bâtiment, une sorte de yourte en briques, invite déjà à l’exubérance des œuvres exposées à l’intérieur. Le plan de l’édifice en cercles concentriques dynamise la façon dont les objets – marionnettes, masques, costumes de théâtre, peintures inspirées de légendes védiques – sont mis en scène.

Après la nourriture culturelle, direction Connaught Place pour la nourriture physique. Le chauffeur de rickshaw, croyant nous faire plaisir, nous dépose devant un fast-food américain. Nous nous mettons donc en quête d’un endroit plus typique. Un marché de rue s’installe. Difficile d’expliquer aux rabatteurs qu’il est plus intéressant de se promener là que d’être coincés dans un magasin d’Etat ! Finalement, nous trouvons ce que nous cherchons dans un couloir en sous-sol : un troquet tenu par des Indiens pour des Indiens. Devant nos doutes face à la carte ce sont nos voisins de table qui nous conseillent. Chicken curry, mutton dahi et plain naans, accompagnés de lassi délicieux, le tout à des tables communes dans une salle minuscule et surbondée. Tout ce qu’on aime ! Difficile quand même de trouver un plat « not too spicy for the baby, please ». Malik se rabat sur les naans et les coins de samosa.

Il faut bien se décider à quitter le cocon doré. Passage obligé par la gare pour réserver nos billets de train. Il faut compter 2h30 pour rejoindre Agra… et au moins le même temps pour acheter les sésames. Pierre se coltine 3 files d’attente dans 3 endroits différents : la première – ticket booth : c’est pas clair ça comme indication ?? – nous renvoie à la seconde – current reservation – où il faut remplir un formulaire que l’on apporte au « ?? » reservation. Après 1 heure d’attente, notre héros assoiffé a la chance de passer guichet à 13h59 alors que les bureaux ferment à 14h !

Pour nous détendre, un petit tour dans les jardins du Purana Qila, un ancien fort. Au milieu des collines… ça fréquente, ça fréquente ! Depuis notre arrivée à Delhi, nous avons l’impression que dans chaque coin et recoin de nature roucoule un couple d’amoureux. Incredible India !

Depuis quelques jours, « notre » rue est bloquée par des barricades policières où il faut montrer patte blanche. Motif : samedi des manifestants pour le Tibet libre ont protesté devant l’ambassade de Chine. Résultat : 60 arrestations. De chez « nous », nous n’avons rien vu, rien entendu… tellement suisses !


Encore un petit mot pour remercier chaleureusement Laurent et Meenz de leur accueil. Quel havre de paix, quel espace, quel lit confortable (et on sait ce qu’on dit !). Cette fois c’est publique : nous vous attendrons chez nous à votre prochaine escale en Suisse pour une fondue, une raclette, une soupe de chalet ou le couscous de votre choix. Encore merci !

vendredi 14 mars 2008

Old Delhi : Fafi dans l’métro

« Le métro est tellement clean à Delhi que tu peux manger par terre ! », nous a dit Philippe. Quel meilleur moyen alors de rattraper le choc raté à l’aéroport que de l’utiliser pour nous rendre à Old Delhi ?

Si l’achat des jetons fait encore ressortir le naturel des Indiens – cohue, et que j’te passe devant, le métro, en cours de construction, est vraiment nickel ! Dès l’entrée, un panneau vous avertit « Il est interdit d’y mâcher du chewin-gum et du bétel. » La sortie nous mène au milieu d’un carrefour où se bousculent turbans, saris, moustaches, cyclo-pousses, infirmes et chèvres égarées. Ca y est : on est enfin arrivés ! Nous montons allègrement dans le carrousel. Direction la mosquée que nous visitons à tour de rôle, afin de garder l’appareil « hors taxe » (entrée pour l’appareil : plus de Fr. 10.-, une pensée pour Frank-Olivier).

Après les vœux à Buddha, Malik s’essaie à la prière musulmane : genoux à terre, fesses en l’air. Bref instant de gêne de Farida cachée sous son voile improvisé. Quand elle entend le vieux monsieur rire derrière elle, Malik séduit décidément partout.

Repas de midi chez Karim, une gargote indienne réputée depuis 1913. Nous y dégustons de l’agneau (youhouhou). Mais où sont passés les Hindous végétariens ?

Fin d’après-midi au Fort Rouge. Une famille entière, absolument pas anglophone, se déplace pour venir « discuter » avec nous. On se fait des sourires, on se montre les bébés : « He’s so cuuuuuute ! », le nouveau leitmotiv de Farida.

Le soir, tentative de trouver un restaurant typique dans le quartier des ambassades. Cuisant échec ! Ici, on mange japonais, chinois, voire un peu d’indien, mais surtout extrêmement cher. Nous nous rabattons sur un stand-kiosque dans une rue sombre et ramenons notre butin à la « maison ». Les beignets de poulet et les samosa sont justes delhi-cieux.

Le lendemain, balade dans le parc des biches et virée au Montmartre du coin, le Haus Kahs Village. Galeries d’art, boutiques de design, vêtements hors de prix… De quoi faire pâlir notre cœur d’accrocs du shopping au budget limité. Nous nous cèderons pas… pas encore !


New Delhi : Incredible India !



Farida : « On m’avait dit et répété, l’Inde c’est une autre dimension, tu mets les pieds à l’aéroport et tu es submergé par la chaleur étouffante, la foule envahissante et les odeurs entêtantes. Et ben… on sort de l’aéroport au milieu d’une petite centaine de personnes aussi silencieuses et tranquilles qu’une sortie de classe au conseil fédéral. On prend un taxi prépayé… même pas besoin de négocier. Il y a une petite brise fraîche dans l’air et pas un chat (ou une vache) dans les rues direction… l’aseptisation confortable de l’ambassade suisse au lieu des hôtels backpackers de Old Delhi. Incredible India ! »

Pierre : « Troisième atterrissage réussi dans cette Inde que j’aime tant ! Contrastes saisissants entre le Delhi d’il y a 12 ans et celui que je découvre en famille. Téléphones portables, femmes et hommes en jeans, des McDo, livraisons à domicile de pizzas et des rickshaws qui roulent… au gaz !!! Ma foi, Incredible India reste bien incredible ! Moins la 4ème dimension que dans mes souvenirs mais bon, n’est-ce pas aussi ça « l’évolution » ? Alors que le rickshaw nous emmène vers l’ambassade, qu’il tourne depuis 20 minutes sans savoir où il va – tout en m’assurant qu’il connaît bien l’adresse – et qu’il demande une augmentation alors que le tarif a été décidé à l’aéroport, je me dis que certaines choses ne changent pas. Sourire intérieur… Cette fois, on est en Inde ! »

Loger à l’ambassade. Il est 2 heures du matin quand nous arrivons enfin chez Laurent, l’Homme à tout faire de l’ambassade suisse et, surtout, un hôte hors pairs : il nous accueille chez lui, dans son appartement et nous laisse les clés quand il rejoint sa femme en Malaisie. Sans oublier de nous préparer un pain et une… tresse pour notre premier petit-déjeuner. Nous voilà les uniques locataires d’un 4 pièces, quel changement après nos habituelles chambrettes de 12 m2. Ici tout est made in Switzerland jusqu’aux toilettes et aux prises électriques ! On se sent comme à la maison. Le cuisinier en plus !

On se décide quand même à sortir de notre enclave dorée pour visiter le Qutb Minar. Première séance photo avec des Indiens pour Malik, premières questions : « What’s HIS name ? … What’s your RELIGION ? »

Habitués aux petits centres historiques des villes précédentes, nous nous lançons allègrement sur les trottoirs de Delhi pour rentrer chez « nous » sans nous rendre compte que les distances sont ici d’un tout autre ordre ! Fourbus, nous couchons Malik et nous nous attaquons à la dvd-thèque de Laurent.

Après le visite du tombeau de Safdarjang, nous soupons chez Delphine, Philippe et Gaspard. Un appartement, un couple d’amis… on est presque installés ! Un repas délicieux, une discussion animée, nous en apprenons beaucoup sur la « dure » réalité des expat’.

Le lendemain Delphine nous sert de guide à la tombe de Humayun et nous emmène au « Chocolat », un petit resto hype dans un marché qui vend vêtements, produits de beauté, jambon de Parme et mozzarella !

jeudi 6 mars 2008

Bangkok: last days




Dernier message de ce côté-ci de l'Asie. Ce soir, nous dormons à Delhi!

Bangkok : retour in crazy town



On ne sait pas si vous êtes comme nous mais quand on s’est mis une idée en tête, c’est toujours étrange de changer de plan. La pluie nous ayant poussés plus vite que prévu dans la « cité des Anges », on ne se sentait pas prêt du tout à affronter l’effervescence de la capitale. Pourtant, à peine quelques heures après notre arrivée, bien installés au cœur d’un des nombreux quartiers chauds, dans un hôtel à la semaine, on se sent comme chez nous.

Nous logeons dans la 309 – sur combien ? Mystère. Il y a tellement de chambres… - du Raja Mansion en plein Sukhumvit. Quand on sort de l’hôtel, plein de jolies jeunes femmes (???) font des coucous à Malik et à Pierre, moins à Farida. Dans les couloirs, des extraterrestres déambulent en marmonnant des incantations incompréhensibles.

Nos 8 jours à Bangkok nous permettent de compléter les visites que nous n’avions pas pu faire la première fois et… de faire les magasins ! Franchement les filles, entre nous, la prochaine destination shopping, c’est ici ! Mais on se donne rendez-vous dans une dizaine d’années, quand nous aurons toutes des postes à haute valeur ajoutée. Bangkok offre de tout pour tous les goûts et toutes les bourses, du plus cheap au plus hype. Résultat : nous avons lancé un nouveau paquet de 12 kg à travers la mer.

Ah, au fait, vous qui vouliez toutes savoir à quoi ressemble Pierre avec les cheveux courts : voilà c’est fait ! Il a succombé aux sirènes des coiffeurs d’un « mall trendy ». Rendez-vous à la rubrique photo et vidéo.

Histoire d’échapper à la climatisation des centres commerciaux, nous optons pour une balade au Lumphini Park. En milieu d’après-midi, il n’y a presque personne et nous nous installons au milieu du lac sur un « cygne-pédalo ». Détour désormais inévitable par la place de jeux où Malik ose enfin se lancer dans un toboggan-tunnel.

Le dernier jour, nous prenons le bateau-bus pour rejoindre le Wat Arun pour notre dernier temple bouddhique de ce côté-ci de l’Asie.

Pour nous, Bangkok restera la ville :

  1. des glaces du soir au 7 Eleven
  2. des filles aux jambes nues
  3. de : c’est un ou une ?
  4. des gros bides à T-shirt vulgaire
  5. de Fafi disant : « J’peux pas choisir !!! »
  6. de Pierre qui fait les comptes, plus que d’habitude, c’est dire…
  7. des dernières soupes au lait de coco
  8. du mec bizarre avec un fusil bizarre
  9. des tuk-tuk qui pétaradent dans la nuit
  10. des marchés, des stands, des échoppes, des étals à nourriture
  11. des cérémonies religieuses devant les magasins Burberry
  12. du p’tit-déj’ au Starbuck Coffee
  13. de où y’a tout comme chez nous… et encore plus !

D’ailleurs, nous lançons un appel : J. couple cherche travail intéressant dans Cité des Anges. Motivé, enthousiaste. Prêt à aménager au plus vite. Laissez message sur le blog.

mercredi 5 mars 2008

Sukhothai : histoire d’eau



Chose promise, chose due ! Nous nous installons pour une semaine dans un des bungalows du J&J Guesthouse, juste à côté d’une… piscine. Après tous ces temples, buddhas, zoo et longues marches à travers les rues des villes – sous un soleil amical – Malik savoure ces journées dans l’eau fraîche (et ne soyons pas de mauvaise foi, nous aussi !).

Le deuxième jour, nous louons une moto pour visiter le parc historique de Sukhothai situé à 12 km de la ville. Ancienne capitale du royaume de Siam, l’endroit nous rappelle Angkor. Une belle journée à déambuler à travers les ruines et à jouer à cache-cache avec les buddhas dans leurs « cabines de douche », dixit Malik.

Le parc historique sera notre unique sortie : on se sent si bien à la J&J Guesthouse. Le bungalow est, de loin, le plus confortable qu’on ait eu, le jardin rassemble mille statues, coins et recoins pour jouer et le jeune fils des propriétaires, James, possède de super jouets. Malik fait littéralement main basse sur ses voiturettes en plastique. S’organisent alors quelques folles courses-poursuites dans les allées du jardin.

On se repose, on mange bien et, deuxième surprise, on regarde « R’Happy Feet » (un dessin animé avec des pingouins qui dansent) ; ça on vous le raconte juste parce que vous allez en entendre parler.

Le jour du départ, nous nous levons bien décidés à rejoindre Ayyutaya, mais en ouvrant la porte du bungalow : voilà qu’il pleut ! Nous quittons donc la guesthouse en tenue de combat anti-déluge pour prendre le bus qui, après mûre réflexion, nous mènera à Bangkok. Bien calés dans le tuk-tuk, entre sac à dos et parapluie, juste au moment de démarrer, déboule la maman de James, un gros camion en plastique sous le bras. Malik repart avec un nouveau cadeau.

samedi 1 mars 2008

Chiang Mai: visas, bouddhas, koalas



La Thailande c’est aussi ça : Ubon – Chiang Mai, 17 heures de bus tout confort qui te font passer le trajet Fribourg – Berne pour un marathon. Arrivée au matin, donc, frais (presque) comme une rose.

Quelques tentatives dans les guesthouses « cooool » de la vieille ville : mais soit c’est plein, soit l’accueil est… disons… pincé. Nous finissons par trouver un nid dans une des 110 « Lanna guesthouse » du coin : chambre propre, eau chaude et réceptionniste adorable.

Un impératif : demander nos visas pour l’Inde. Sus donc au consulat ! On y apprend qu’il faudra 7 jours ouvrables pour régler notre cas. Nous creusons donc notre nid dans la cité des temples. En effet, Chiang Mai compte environ 300 temples pour 204'000 habitants ! Cela donne à la ville un charme tout particulier entre modernité et tradition. Il fait vraiment bon s’y promener.

Etape incontournable : le Night Bazaaaaaaar. Une succession de stands de t-shirts, bijoux, écharpes et autres souvenirs. Exclusivement voué aux touristes, pas super convivial, nous nous y ennuyons presque.

Rien à voir avec l’autre attraction commerciale de la ville : le Sunday Night Market. Une fois par semaine plusieurs rues de la vieille ville sont fermées au trafic et les cours des temples adjacents se remplissent de petits restos improvisés. Tous les deux mètres des groupes poussent la chansonnette (des petits jeunes, des aveugles, des familles, même un petit vieux avec sa femme qui esquisse deux pas de danse !). Et des stands partout, partout, partout ! Pourtant l’atmosphère est agréable, il y a de l’espace, de l’air. Le fait que ce marché soit autant fréquenté par les Thaïs que par les farangs est certainement décisif. On déambule, on s’y perd et, au final, nous marchons 6 heures sans même nous en rendre compte.

La dizaine de temples que nous avons visitée a pour point commun une grande propension au luxe et à la dorure. Avec une mention spéciale au temple du bouddha de jade dont la boutique se trouve dans la salle de prière et celui du mont Doi Suthep, une sorte de « Gruyères » local, la ferveur religieuse en plus, la double-crème en moins.

Allez bon, et puis de temps en temps il faut faire quelque chose juste pour faire plaisir à Malik. Nous voilà donc au zoo. A l’entrée, un service de bus est offert avec le ticket… Mais c’est pas comme ça qu’on visite un zoo, voyons ! 5 heures de marche plus tard, 3 km après les éléphants et à 2 km des fauves, nous commençons à comprendre… Réparti sur un site gigantesque, le zoo de Chiang Mai offre deux attractions spéciales : les koalas et les pandas !!! Et devinez qui sont les plus excités devant les peluches noires et blanches ? Malik, quant à lui, réclame une glace et la place de jeux en ferraille des années 70. Il ressort de cette journée avec son vocabulaire enrichi du mot « civette » (sorte de chat sauvage) qu’il répète à qui veut l’entendre depuis.

Autre grande séquence animalière : la becquée aux pigeons du parc de Suan Bak Huat. Dans le soleil couchant, Malik piétine les amoureux, interrompt les séances familiales de photographie pour le plaisir de voir s’envoler les oiseaux.

Visas en poche nous quittons la ville pour Sukhothai où nous avons promis un « hôtel-surprise » à Malik.

lundi 25 février 2008

Ubon Ratchathani : sports in the city


Retour à l’urbanisation. Première ville escale après le passage de la frontière lao-thaïlandaise, Ubon nous apparaît comme un mélange magique de confort à l’occidentale (eau chaude dans la salle de bain) de technologie (télévision, wifi dans la chambre), de lumières, de commerces et de publicité… Welcome back to Thailand !
La ville d’Ubon n’offre aucun charme particulier mais le contraste est saisissant après 5 semaines passées au Laos. L’effet sur nous est excitant. La tête nous tourne un peu devant cet excès de possibilités de consommation. Nous ne croisons presque aucun touriste dans cette « vraie » ville moderne thaïlandaise pour les Thaïs.
Le soir, nous mangeons dans un marché ouvert et nous nous baladons dans un parc étonnant. Habitués à une politique familiale peu développée en Suisse, il est suprenant pour nous de découvrir un endroit où des activités gratuites sont proposées pour tous les âges :
une place de jeux à côté de laquelle les enfants peuvent aussi s’adonner à la peinture
des cours d’aérobic suivi par une bonne centaine de femmes de toutes générations
des terrains de basketball où s’entraînent activement professionnels et amateurs
un mini skatepark
une piste de course tout autour du parc
des engins de musculation design disséminés dans les espaces verts
du badminton, du foot, des vieux en goguette, etc.
Ce retour à la civilisation nous rappelle à nos « devoirs » professionnels qui nous attendent à notre retour et nous commençons à écrire quelques postulations.

lundi 18 février 2008

Bonus track : Hit the road, Bruder Jack!



Cinq semaines au lieu de trois au Laos méritent bien un petit bonus ! Et une spéciale dédicace à nos plus jeunes lecteurs : Naïm et tous les enfants de « chez Jacqueline ».

Don Khon : 4000 îles et 5 dauphins



Espoirs comblés !

Les 4000 îles, c’est absolument un petit paradis sur terre.

Nous choisissons Don Khon, réputée pour sa tranquillité. Un bungalow rustique et sommaire, terrasse sur le fleuve, vue sur le soleil couchant, deux hamacs pour la sieste ; elle est pas belle la vie ?!

Ici, pas de voiture, pas de réseau, ni de connexion et 4 heures d’électricité par jour (18h-22h, juste au moment de sortir souper).

Le calme absolu.

Quelques balades dans l’île, partout des gens souriants – locaux comme touristes. Des buffles qui se baignent, des enfants qui jouent et des grands-mères qui cueillent des fruits pour Malik.

Un petit tour aux cascades nous fait découvrir une plage de sable blanc, une crique sur un méandre tranquille du fleuve où il fait bon se baigner.

Le dernier jour, une promenade en bateau nous emmène aux magnifiques chutes de Khon Phapheng, petit Niagara local, puis dans un coucher de soleil très romantique, nous nous perchons sur un rocher au milieu du Mékong pour « apercevoir » les derniers dauphins du fleuve.

Dernière soirée laotienne, grandiose !




Champassak : le Mékong vu du hamac


Ancienne capitale du royaume, Champassak se résume aujourd’hui à une seule rue. Mais quel bonheur de savourer sa tranquillité.

Une fois n’est pas coutume, le trajet est court mais ô combien pittoresque : nous embarquons dans un sawngthaew (une camionnette équipée à l’arrière de banquettes transversales) qui nous amène sur les rives du Mékong. Là nous attend un bac qui nous fait traverser. Notre « taxi » nous dépose tous à la dernière guesthouse du village et, comme elle ne nous plaît pas, nous entamons une remontée de l’unique, mais interminable rue, accompagnés d’une Suédoise fan d’ABBA, d’un Espagnol taciturne et… d’Ingo. Nous trouvons enfin notre bonheur dans la toute première guesthouse de la rue. Une jolie chambre propre, un grand jardin, un petit resto-terrasse et des hamacs sur le fleuve. Apaisant.

3 jours de tranquillité absolue et de repas en compagnie d’Ingo. L’Anouxa guesthouse restera décidément dans les premières places du best of du voyage.

Drôle de bonhomme cet Ingo. La petite cinquantaine, ce cuisinier suédois vient de tout larguer pour s’installer dans la région d’Isan, au nord de la Thailande. Il revient du Vietnam qui l’a rendu complètement « exhausted » (il se plaît à le répéter), n’est là que pour renouveler son visa, avant de retrouver sa petite maison au milieu des rizières où il passe ses journées à regarder les buffles loin de la frénésie capitaliste occidentale. Grandes discussions et excellentes soirées au cours desquelles Farida comble une grande lacune culturelle : elle goûte enfin au Lao Lao, la Vodka locale.

Notre seule activité : la visite du Vat Phu Champassak, un complexe de ruines contemporain d’Angkor, situé dans un site naturel magnifique. En chemin nous recroisons tous les « falangs » que nous avons rencontrés depuis une semaine… une petite atmosphère de gare de Fribourg. Nous faisons la connaissance de deux Lausannois avec qui nous partageons le repas de midi… et une bonne partie de l’après-midi. Chacun repart ensuite sur sa mobylette : « On se reverra à Fri-Son ou au Romandie. »

Difficile de quitter l’Anouxa (d’ailleurs Ingo ne bougera pas), mais l’espoir que nous plaçons dans les 4000 îles finit par avoir le dessus. Nous nous attendons à embarquer dans le bac, mais le sawngthaew nous dépose dans un temple et nous devons descendre à pied sur la rive ou nous attend un… « baquet » : 4 ou 5 planches vaguement clouées ensemble et équipées d’un petit moteur.



vendredi 15 février 2008

Tha Khaek – Savannakhet – Pakse : descente éclair vers le Sud



La principale qualité de Tha Khaek est le Tha Kek Travel Lodge, une charmante guesthouse située à quelques kilomètres du centre-ville. Une grande chambre, un énorme lit au matelas confortable et de l’eau chaude nous y attendent. Au centre, un jardin dans lequel, le soir venu, on allume un feu et l’excellent restaurant – salade de patates et meat balls – rendent l’atmosphère conviviale.

Concentré sur le site web de L’Objectif, Pierre ne se rend pas compte qu’il est observé : « Mais t’es Fribourgeois ? » Et nous voilà face à un compatriote. David Clément parcourt le monde à vélo depuis 17 mois.

Autres attractions locales :

- la « loop », grande boucle de 400 km de pistes à parcourir à moto : pas pour nous !

- les rives du fleuves : en construction !

- un salon de massage réputé : introuvable !

- un karaoké de l’après-midi : trois adolescents qui chantent faux, très faux !

- le marché et ses rats des champs exposés, ventre à l’air, mais vite ramenés dans un sac quand surgit l’appareil photo (leur vente est sévèrement prohibée) !

- le yoyo-souris. Après trois jours de jeux innocents avec les employées de la guesthouse, Malik se retrouve avec un jouet plutôt morbide dans la main : une souris à la nuque tranchée ! Approche diplomatico-tendue de Farida. Comment lui faire poser la bête sans vexer les employées hilares ?

Nous profitons de ce séjour pour nous reposer et nous balader dans les rues d’une « vraie » ville laotienne, sans croiser un seul touriste. Au détour de la promenade, nous nous arrêtons dans un très joli temple, reçus par de jeunes moines accueillants et nous recevons de leur supérieur des bracelets porte-bonheur. Le tout accompagné d’une prière.

Savannakhet n’offre pas beaucoup plus de distractions. Le second soir, nous dînons au Lao-Paris. La tranche de viande est délicieuse, la fillette du patron, sourire d’ange, caractère de cochon, rappelle à Malik que le monde des enfants peut, aussi, être cruel. Au milieu des cris et des protestations, entre un quinqua flegmatique : « What’s the matter here ? ». Première rencontre avec Ingo. A la sortie du resto, Malik se console dans une micro-fête foraine où il peut expérimenter son premier tour en carrousel.

De retour à la guesthouse, nous sommes même invités à écouter un concert pop lao dans un beer garten de « djeuns ». On l’avait déjà constaté dans les vidéo clips, les jeunes Laos ont la musique sehr romantisch !


Arrêt éclair à Pakse. Grand moment de doute à la sortie du bus : rester ou tracer jusqu’à Champassak ? Quatre touristes sur le bord de la route : un qui part, restent nous et… Ingo. Petit arrêt boisson, nous faisons connaissance.

Notre unique visite est consacrée au restaurant indien de la même chaîne que celui de Paksan. Un vrai délice pour la bouffe, une vraie erreur pour les chambres situées à l’étage. Heureusement, il y avait des cornets de glace !!! Deux tables plus loin soupe… Ingo.

Le lendemain, le tuk-tuk nous conduit à la gare des bus. Nous embarquons dans un sawngthaew (un tuk-tuk en plus grand) pour Champassak. Tout au fond… Ingo !

mercredi 13 février 2008

Phonsavan – Paksan : the vomito road


Dans ce bus, pas de tabourets. Lever aux aurores pour éviter toute mésaventure, nous commençons ce voyage dans un bus à 25 places, certes vétuste, mais nous sommes 5 passagers, tous « falang ». On s’installe royalement, près à sombrer pour une sieste de 15 heures en travers des banquettes de bois.

Evidemment… erreur.

Tous les 20 mètres dès la sortie de la ville, le bus s’arrête pour charger passagers, marchandises et paquets. Si bien qu’au bout d’une heure, nous voici une bonne cinquantaine ! On s’entasse, on se serre et on fait bonne figure face aux montagnes russes qui s’annoncent. Phobiques du vertige s’abstenir.

En plus – on en avait vaguement entendu parler, mais nous voici face à face avec la légende – les Laotiens ne supportent pas le bus ! On comprend subitement, le sens de la distribution de sachets plastiques à l’entrée. Un Laotien, ça pâlit, ça gerbe silencieusement et puis ça lance nonchalamment le sac par la fenêtre. Et on recommence.

La piste étroite, serpente au-dessus des ravins, s’enfonce dans les montagnes et les forêts, découvrant à chaque virage des paysages magnifiques.

A Paksan, apparemment tout aussi glauque que Phonsavan, nous soupons sous la bruine, assis sur une terrasse sombre, mais où Malik découvre 3 vélos sur lesquels il peut enfin se dégourdir les gambettes. Puis nous nous effondrons dans une chambre humide, située dans un hôtel qu’on pourrait croire à l’abandon. Nous tentons vaguement une douche à l’italienne, qui nous laisse tout poussiéreux dans les narines et les oreilles. Trop fourbus pour monter la tente de Malik, nous nous écroulons tous dans le même lit.


Phonsavan: western – chapatis



Donc rendez-vous à 7 heures, arrivée 20 minutes plus tard à la gare routière. On comprend alors pourquoi le chauffeur de tuk-tuk tenait tant à nous faire lever aussi tôt. 1 heure avant le départ, le bus est déjà bondé. Nous attrapons de justesse les deux derniers sièges : pour les suivants, ce sera tabourets dans l’allée. Pas facile : nous attendent 7 heures de routes sinueuses sous la garde « rassurante » d’un « steward » armé d’une kalachnikov. Juste à côté de nous, Laurence et François, un couple belge, s’affaissent peu plus à chaque virage. Encore une fois, un grand merci au tuk-tuk man !

Arrivée dans le soleil couchant à Phonsavan… La première ville western de l’Est : une longue rue, bordée d’immeubles-façades décrépis, un vent perçant qui balaie le sable des trottoires, et quelques poor lonesome « motobike-drivers ». Ne manquent que les boules de pailles poussées par le vent et le son aigu de l’harmonica pour faire apparaître Clint Eastwood et Charles Bronson dans un mythique duel.

La guesthouse est glauque, le meilleur resto de la ville est glauque… Ca y est on craque : on va manger chez Joe l’Indien ! On s’était pourtant promis de résister jusqu’au mois de mars… Non sérieusement, ras-le-bol (c’est le cas de le dire) de la soupe de nouilles insipide et des demi-portions. Vive les chapatis et les curry d’agneau ! On y retrouve avec plaisir notre couple belge poussé par le même instinct gustatif que nous.

Rassasié, nous visitons le lendemain la mystérieuse plaine des jarres. Dans la région, on trouve des milliers de jarres de toutes les tailles dont personne n’a encore pu déterminer l’origine. Nous nous promenons entre fascination pour l’énigme et malaise de savoir que le terrain n’est que partiellement déminé. Fait peu connu, le Laos détient la triste palme du pays le plus bombardé au monde. Il reste un peu partout ce que les locaux appellent des « bombies », reliquats des bombes à fragmentation, de la forme d’un petit ballon. Les victimes sont souvent des paysans ou des enfants qui pensent avoir à faire avec des jouets.

vendredi 8 février 2008

Luang Prabang : un joli petit coin




5 heures de minibus sur des routes tortueuses nous conduisent à Luang Prabang. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, cette ville est quasi complètement dévouée au tourisme. Pourtant, il fait bon s’y arrêter. Si bon que nous y passons une bonne semaine dont deux journées dédiées exclusivement à une visite approfondie du petit coin de notre guesthouse. Oncle Mo, ancien professeur d’uni et ex-conseiller DU ministre reconverti en producteur de café et tenancier de guesthouse, nous accueille sur sa terrasse en bois, où nous passons des après-midi reposantes. Nous avons quand même droit à l’émission de TV5 dans laquelle il témoigne de l’accroissement du tourisme dans sa ville, ainsi qu’aux articles de presse qui lui sont consacrés.

Une fois sortis de la rue principale – ses jolis magasins, ses délicieux restaurants et pâtisseries et ses confortables salons de massage – nous nous baladons dans des ruelles paisibles et Malik se réjouit à chaque porte de temple de pouvoir « courir dans tous les sens ». On y discute avec des moines curieux, on y rencontre des familles berlinoises en vadrouille et des Autrichiennes, heureuses de s’échapper un moment de leur tour organisé.

Nous grimpons sur le mont Phu Si admirer le coucher de soleil et les deux fleuves – le Mékong et le Nam Khan – qui entourent la ville. En redescendant, nous avons l’occasion de nous recueillir sur l’empreinte du pied de Bouddha, qui, soit dit en passant, devait chausser au moins du 64.

Le soir, un marché d’artisanat s’installe à même le sol donnant une ambiance chaleureuse aux venelles.

Estomacs réparés, nous nous décidons, le dernier jour, à faire une excursion en-dehors de la ville. Nous partons en tuk-tuk pour les chutes de Tat Sae. Mini – mais super jolie – balade en bateau pour accoster dans une forêt où Malik approche ses premiers vrais éléphants asiatiques.

Nous bookons notre chauffeur de tuk-tuk pour le lendemain à 8h00, direction la gare des bus. Etrangement, celui-ci insiste pour venir nous prendre à 7h00. Nous lui en sommes toujours très reconnaissants…